Art Tatum est né en 1909. C’est un polyinstrumentiste pratiquement aveugle, qui a commencé la musique par le violon, la guitare, puis le piano. Il a étudié la musique au conservatoire de Toledo.
C’est en 1926 qu’il commence sa carrière, notamment à la radio en pleine débâcle de 1929.
En 1933 débutent les premiers enregistrements, qui révolutionnent le piano de l’époque. Art Tatum, outre une technicité encore jamais éprouvée, invente un système rythmique inédit de la main gauche, qui annonce particulièrement la musique modale et le be-bop.
Pour autant, il est tellement en avance sur son temps qu’il ne connaît pas la gloire escomptée. Certes, il obtiendra un “Gold Award” en 1944 par la revue Esquire, et sortira quelques disques chez le prestigieux label “Capitol”, mais l’influence qu’il peut avoir sur le jazz et sur le piano n’est pas reconnue à sa juste hauteur de son vivant. Il jouera pourtant avec Lionel Hampton ou d’autres célébrités de l’époque, comme Ben Webster.
Mais en 1956, lorsqu’Art Tatum décède, force est de constater qu’il n’est pas immédiatement reconnu à sa juste valeur. Et pourtant…
C’est étrangement à travers les grands pianistes classiques de l’époque, comme Rubinstein, Horowitz, Gerschwin ou Rachmaninov – ces deux derniers étant également les compositeurs que l’on sait – que l’inventivité technique et intellectuelle de Tatum sera reconnue, et transmise. Aujourd’hui encore, Art Tatum reste une immense référence en termes d’inventivité et de geste pianistique. Si les enregistrement ont une mauvaise qualité sonore due à l’époque, les contenus n’ont guère pris de ride.
C’est pourquoi, selon moi, j’ose prétendre que le piano jazz contemporain est bel et bien initié par Art Tatum, celui par qui tout a commencé !